Le sarcophage d'Ahiram



Tombe d'Ahiram Tombe d'Ahiram

Le plus ancien et le plus célèbre sarcophage phénicien est celui d'Ahiram, roi de Goubal (Byblos) (trouvé dans la tombe V). Ce sarcophage, de forme parallélépipédique, repose sur quatre lions accroupis.

Les figures sur les deux côtés représentent des processions : d'une part, on voit le souverain ou un dieu sur un trône encadré de sphinx ailés face à une table dressée vers laquelle s'avancent les dévots et porteurs d'offrandes. Sur le deuxième côté on voit également des dévots et porteurs d'offrandes.

Sur les petits côtés, on découvre des figures féminines se frappant et s'arrachant les cheveux en signe de deuil.

Sur le couvercle, deux lions sont étendus, flanqués de deux figures tenant chacune une fleur de lotus.


Sarcophage d'Ahiram Détails du sarccophage

D'après l'archéologue Hélène Sader(1), il est généralement admis que le sarcophage date du XIII°siècle av. J.C. et qu'il est plus ancien que l'inscription qu'il porte (l'alphabet en 19 lettres). Les examens effectués sur ce monument ont révélés des traces d'une inscription pseudo-hiéroglyphique plus ancienne que l'inscription phénicienne. D'autres part, des objets portant le cartouche de Ramsès II (XIII°siècle), avaient été trouvés dans la chambre funéraire à côté du sarcophage. L'inscription phénicienne atteste quant à elle la réutilisation du sarcophage par Ahiram ; sa graphie est plus souvent datée du X°siècle.

Les spécialistes restent partagés face à cette divergence. Certains adoptent la même date pour l'objet et l'inscription, soit celle du sarcophage (le XIII°siècle), tandis que d'autres optent pour celle du texte (le X°siècle).

Pièce maîtresse de la collection du Musée national de Beyrouth, Ce sarcophage est surtout célèbre grâce à l'inscription en caractères alphabétiques phéniciens qui commence sur le bord supérieur du petit côté de la cuve et se termine sur le couvercle. Écrite de droite à gauche, cette inscription est le plus ancien texte qui nous soit parvenu en écriture phénicienne linéaire. Des vingt-deux lettres de l'alphabet phénicien, dix neuf y apparaissent.




(1) Hélène SADER, article tiré du livre Liban, l'autre rive, IMA, Flammarion, 1998, p.126. Retour texte


Retour index "Les Phéniciens"